Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.
En attendant les colombes
Les craintes liées à un essoufflement de la croissance américaine s’accentuent, au gré des mesures de rétorsion commerciale du président américain, qui plongent les investisseurs dans l’incertitude.
Les prévisions de fin d’année pour la croissance mondiale ont été revues à la baisse : 3,1 % contre 3,3 % du PIB mondial. Aux États-Unis, on s’attend désormais à une baisse de 0,2 % pour 2025 et de 0,5 % pour l’année suivante, avec une croissance limitée à seulement 1,6 %.
La conjonction de plusieurs facteurs d’incertitude – qu’ils soient politiques, géopolitiques ou commerciaux – inquiète les marchés, qui voient ressurgir les signaux de la stagflation.
Un tel scénario nous replongerait un demi-siècle en arrière, à une époque où un conflit au Moyen-Orient avait entrainé une flambée des prix de l’énergie, associée à une politique protectionniste aux États-Unis. Cela avait plongé l’économie dans une ère alors inconnue : la stagflation.
Le président américain en fonction s’appelait Richard Nixon, issu du même parti que Donald Trump. Il imposa une surtaxe de 10 % sur l’ensemble des importations américaines pour contraindre ses partenaires commerciaux à réévaluer leur devise, et mit fin à la convertibilité du dollar en or. Bien que certaines similitudes apparaissent entre cette période passée et la situation actuelle, un élément majeur a changé : le renforcement des pouvoirs des banques centrales.
En effet, avant 1977, la Réserve fédérale n’avait pas réellement de mandat, et son pouvoir sur la stabilisation des prix et des salaires était inexistant. Aujourd’hui – ou du moins pour le moment – la Fed est une institution indépendante, capable de durcir sa politique monétaire en cas de pressions inflationnistes.
L’autonomie de la Réserve fédérale américaine pourrait bien être remise en cause par Donald Trump qui, lors de son premier mandat, avait critiqué avec véhémence celui qu’il avait pourtant nommé à la tête de la Fed, pour ne pas avoir baissé les taux d’intérêt assez rapidement.
Le mandat de Jerome Powell prenant fin dans un peu plus d’un an, il est probable que le président américain puisse choisir un candidat plus en phase avec ses positions.
En attendant, c’est bien Jerome Powell qui dicte la politique monétaire actuelle. Il a confirmé, à l’issue de la deuxième réunion annuelle du FOMC, ce que le marché avait déjà anticipé mercredi dernier : un statuquo sur les taux américains.
L’enjeu était de savoir comment l’institution envisageait de réagir à l’avenir, si l’économie américaine devait faire face à un ralentissement plus marqué.
Aucun déni de la part du président de la Fed concernant le contexte actuel : il a estimé que « l’incertitude est aujourd’hui inhabituellement élevée » et que les droits de douane commençaient à tirer les prix vers le haut, retardant potentiellement les progrès sur l’inflation.
Cependant, Jerome Powell s’est montré plutôt rassurant, dans une tonalité plus colombe que faucon, jugeant que les fortes craintes inflationnistes étaient excessives, et que cette situation pourrait être provisoire.
Message reçu 5/5 : détente des rendements obligataires, baisse du dollar, et les indices américains se sont appréciés à la suite d’un discours jugé plutôt accommodant.
Sur le Vieux Continent, la première puissance économique a voté en faveur de la levée du frein à l’endettement, et s’apprête à dégainer un bazooka budgétaire injectant 1 000 milliards d’euros dans les dépenses de défense et d’infrastructure.
Le DAX affiche une performance de près de 15 % depuis le début de l’année, tandis que le S&P 500 est en recul de plus de 4 %. Le MAGA existe toujours, mais sa prononciation a changé !
- Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.
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