Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.
La saison des résultats sous le prisme de l’IA et des taux
La saison des résultats continue d’être soumise au verdict de l’intelligence artificielle poussant les investisseurs à brûler ce qu’ils ont adoré, jugeant certains secteurs comme les loosers de la prochaine décennie.
Parallèlement, les chiffres de l’emploi américain pour janvier ont été accueillis avec prudence par les marchés, qui y voient davantage des signaux en trompe-l’œil plutôt qu’une preuve incontestable de la domination économique américaine affichée par le président américain.
Enfin, la poursuite de la désinflation renforce l’idée que la Réserve fédérale pourrait intervenir à trois reprises en 2026, une source d’argent frais qui devrait soutenir le marché actions.
L’IA redistribue les cartes
En pleine saison de résultats, l’intelligence artificielle continue d’accentuer la sélectivité des marchés. Après les éditeurs de logiciels, mis à mal par l’arrivée de nouveaux modèles d’IA comme Claude d’Anthropic, les investisseurs s’interrogent désormais sur l’impact potentiel de ces technologies dans de nombreux secteurs.
Avec les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle, certains se demandent déjà si le conseiller financier de demain ne sera pas un simple chatbot. De mon côté, je reste serein : tant que les algorithmes ne savent ni écouter les inquiétudes des clients ni expliquer calmement pourquoi il ne faut pas vendre au plus mauvais moment, je pense pouvoir retarder encore un peu mon inscription à France Travail.
Dans le transport, les outils d’optimisation de flotte, de routage et de supply chain risquent de fragiliser à terme la rentabilité de certains acteurs du secteur. Enfin, l’IA générative, capable de créer facilement visuels et catalogues produits, fait également peser des interrogations sur certaines plateformes digitales : Pinterest a ainsi chuté de plus de 20 % après la publication de ses résultats, illustrant la rapidité avec laquelle les marchés réévaluent les modèles économiques jugés plus exposés sans passer par des plateformes de découverte traditionnelles.
L’emploi américain en trompe-l’œil
La publication des chiffres de l’emploi américain pour le mois de janvier a aussitôt ravivé le discours “America First” de Donald Trump, qui n’a pas tardé à y voir la preuve éclatante de la suprématie économique américaine. Comme souvent, ces données gagnent pourtant à être quelque peu “désaméricanisées” car si ces créations d’emplois mensuelles permettent de bons communiqués politiques ; les destructions d’emplois annuelles racontent, elles, la véritable histoire.
Certes, les chiffres du mois de janvier sont ressortis nettement au-dessus des attentes : l’économie américaine a créé 130 000 emplois, soit près du double du consensus (65 000). Mais ces résultats masquent une réalité plus fragile : le secteur de la santé représente à lui seul l’essentiel des créations, tandis que l’emploi privé hors santé est resté quasi stable, voire en légère contraction.
De surcroît, le rapport met surtout en exergue d’importantes révisions annuelles, avec une baisse de 1,029 million d’emplois pour 2025, soit la correction la plus marquée depuis 2009. Au total, l’économie américaine n’aurait créé qu’environ 181 000 emplois sur l’ensemble de l’année 2025, un niveau historiquement faible pour une période d’expansion.
Inflation américaine (CPI) : bonne surprise
En janvier, l’inflation américaine a progressé de 0,2 % sur le mois et de 2,4 % sur un an contre 2,7 % le mois précédent, légèrement en dessous des attentes, confirmant la poursuite de la désinflation. L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) demeure toutefois un peu plus élevée, à 2,5 %, restant encore légèrement au-dessus de la cible de 2 % fixée par la réserve fédérale.
Plusieurs intervenants envisagent désormais la possibilité de trois baisses de taux au cours de l’année, à mesure que la convergence vers la cible d’inflation se confirme.
Bonne semaine à toutes et à tous !
Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.

Les informations contenues dans cette newsletter sont arrêtées en date du 16/02/2026 et ne sont donc pas valables dans le temps.
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