Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.
Les États-Unis sous le nuage de la récession
La semaine avait bien mal commencé outre-Atlantique, où les valeurs technologiques ont particulièrement souffert. Avec une baisse de plus de 4 %, le Nasdaq a connu sa pire séance depuis 2022, pénalisé par ses "sept magnifiques", qui ont vu s'envoler 750 milliards de dollars de leurs capitalisations en une seule journée !
Tesla a enregistré la plus forte baisse (-15 %). Son iconique dirigeant, habitué à la volatilité du cours de ses entreprises, doit désormais prendre en compte une nouvelle composante : le prix du patriotisme. La valeur du premier constructeur de voitures électriques au monde a fondu de moitié depuis la fin décembre et le ralliement de son gérant au président Trump.
Je ne sais pas si Elon Musk a aussi pleuré hier soir devant un classico encore perdu, mais on pourrait lui rappeler qu’au début des années 1990, le rapport de force était inversé grâce à un président iconoclaste aux manettes du club le plus populaire de France. Comme lui, à l’apogée de sa carrière, il avait décidé de se lancer en politique, un choix qui provoqua sa chute.
Les économistes sont toujours déroutés par les prises de position épidermiques du président américain, qui plongent les marchés dans l’incertitude.
Cette semaine, nous avons eu droit à une hausse de 50 % des droits de douane sur l'acier et l'aluminium canadiens, puis à une volte-face après l’annonce de mesures de rétorsion par le Premier ministre de l’Ontario. Ce dernier a promis d’augmenter de 25 % le prix de l'électricité expédiée à 1,5 million d'Américains.
Le président américain reste convaincu, au nom du MAGA, que ce bras de fer rendra les États-Unis plus forts à long terme et que les droits de douane concernent des pays qui, je cite : "nous ont escroqués".
Pourtant, cette guerre commerciale pourrait bien avoir un prix : celui de la récession pour la première économie mondiale. En utilisant l’arme des droits de douane, les États-Unis tirent une balle dans le pied de leurs propres entreprises, acheteuses de biens intermédiaires importés, qui vont désormais leur coûter plus cher.
Alors que les économistes prévoyaient une croissance d’un peu plus de 2 % en fin d’année, les prévisions ont été revues à la baisse, oscillant désormais entre 1,7 % et 1,5 %, en raison d’une anticipation de la hausse des prix sur le marché intérieur.
Toutefois, la publication mercredi dernier des chiffres de l'inflation aux États-Unis pour le mois de février a montré une baisse de 0,2 % par rapport à janvier, indiquant que, pour l’instant, les prix à la consommation ne semblent pas être affectés par la politique protectionniste de l’administration américaine.
Ces données sont cependant à relativiser, car l’application des droits de douane sur les produits en provenance de Chine n’a commencé qu’à la mi-février. De plus, de nombreuses entreprises avaient anticipé ces taxes en augmentant leurs stocks avant leur mise en place.
Du côté des bonnes nouvelles, républicains et démocrates américains ont réussi à trouver un accord pour éviter un shutdown, qui aurait paralysé les activités gouvernementales aux États-Unis. Bien qu’en désaccord avec la politique trumpiste, les démocrates n’ont pas voulu prendre le risque d’être accusés d’avoir plongé le pays dans l’impasse.
Sur le front géopolitique, les espoirs de paix en Ukraine envoient un signal positif aux marchés. Trump a annoncé qu’il parlerait mardi prochain au président russe au sujet de la paix en Ukraine, ou plutôt du partage des actifs stratégiques, notamment des terres rares et des usines de production d’énergie.
Pour l’instant, Moscou maintient des exigences fortes, revendiquant l’annexion du Donbass, le refus de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et le démantèlement du gouvernement ukrainien en place.
L’évènement de la semaine prochaine aura lieu mercredi avec la deuxième réunion annuelle de la Réserve fédérale américaine. La décision de maintenir les taux inchangés ne fait nul doute. En revanche, le discours sur la situation actuelle et les prévisions à venir seront scrutés de près par les investisseurs.
- Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.
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